Secrets d'alcôves vol2

C’était doux et humide. Elle laissa remonter ses mains sur les rondeurs de la rousse et s’y accrocha tendis qu’elle faisait jouer sa langue au rythme du plaisir que l’autre lui procurait. Les deux filles gémissaient, ondulant des hanches pour les plaquer encore plus contre la bouche de l’autre. La tension du plaisir était à son comble, Rosalie voulu crier sous les salves de plaisir qui l’assaillaient, mais elle en plaquait encore plus sa bouche sur la fente humide qui bougeait au-dessus d’elle, sachant que ce geste lui serait rendu, augmentant ainsi l’extase qui l’emportait chaque fois plus loin. La rousse fit alors entendre un cri sauvage, cessant un instant sa caresse avant de la reprendre frénétiquement arrachant des gémissements de plus en plus fort chez sa blonde partenaire qui finit par hurler de plaisir. La rousse roula alors sur le côté, puis rapprocha son visage de celui de Rosalie, et y déposa un baiser humide de leur étreinte. elles restèrent un long moment là, alanguies se caressant doucement en ne se quittant pas des yeux.
C’est alors que Madame de Merteuil, en tenue légère et rouge vint les rejoindre. Elle se coucha entre elles et les embrassa à tour de rôle. 

La rousse continua ses caresses laissant courir ses lèvres le long du dos de Rosalie pour échouer sur ses fesses qui se cambrèrent davantage. La langue descendit alors doucement dans l’étroite fente pour venir terminer sa course au cœur de la toison humide. La fille enfouit alors son visage sous Rosalie, lui infligeant les mêmes délices que ceux qu’elle donnait à la Marquise. Cette dernière fut la première à atteindre la jouissance dans un cri rauque. Rosalie posa le visage sur son ventre gémissant sous la douceur de cette langue qui semblait vouloir la dévorer de l’intérieur. Elle venait pourtant de jouir peu de temps avant, et la voilà de nouveau terrassée par cette langue sauvage et douce. Elle roula sur le dos tandis que la Marquise se coucha sur la fille pour lui donner à son tour cette délicieuse gourmandise plaquant du même coup son sexe contre les lèvres écarlates qui reprirent leur savant exercice.
Reprenant son souffle, les yeux mi-clos, Rosalie aperçut une ombre vêtue d’une cape qui les observait dans un coin de l’alcôve. Elle se redressa pour voir la personne et fut frappée de stupéfaction lorsque la silhouette s’avança dans la lumière.
C’était Oscar, où plutôt non, c’était une personne qui ressemblait à Oscar en tout point mais le regard était très différent. Rosalie détailla un peu plus le nouvel arrivant, ses traits étaient un peu plus épais que ceux d’Oscar mais restaient d’une grande finesse pour ceux d’un homme. Car c’était un homme, elle en eut la preuve évidente lorsqu’il ôta sa longue cape noire.
La Marquise et la rousse se levèrent alors et laissèrent la jeune fille seule. Au cour de la soirée Madame de Merteuil avait convié ce bel éphèbe rien que pour Rosalie, la chose était décidément trop tentante…

 

Chapitre 9 : Oh !


Troublée à l’extrême, Rosalie ne pouvait détacher son regard de ce sexe dressé devant elle. Bien qu’elle ai passé la veille dans les bras d’André, tout c’était fait dans le noir. Elle se senti tout à coup un peu nerveuse à l’idée d’un contact avec une chose aussi imposante.
Le jeune homme se pencha lentement, Rosalie croisa son regard et ne le quitta plus. Ses prunelles d’azur brûlaient d’un feu intense. Il avança, prit ses lèvres et se coucha sur elle. Un baiser doux et fort à la fois, fougueux et tendre. Elle passa ses bras autour du jeune homme et laissa descendre ses mains sur son dos. La peau était d’une grande douceur, comme celle d’une femme. Cet homme était un parfait et subtil mélange des deux sexes.
Rosalie sentait le membre viril et dur sur son ventre. La douleur de la veille encore en mémoire, elle ne pouvait cependant s’empêcher de vouloir sentir cet homme entrer en elle.
Il se redressa et entreprit de la mettre nue. Le corset d’abord, puis il fit glisser les bas le long de ses jambes, sans la quitter des yeux. Elle portait encore la fine résille qui masquait son regard, comme une barrière qui la protégerait de toute cette débauche. Lorsqu’elle fut totalement nue, il saisit doucement l’un de ses pieds et le porta à ses lèvres, suçant chaque orteil avec délice. Ce jeu inattendu la combla de ravissement, elle découvrait de nouvelles sensations grâce à cette langue souple qui goûtait ces petits doigts avec gourmandise tandis que l’une de ses mains lui caressait la jambe.
Puis la langue se lassa du petit pied délicat et remonta doucement le long de son corps en prenant bien soin cependant d’éviter son bas ventre…s’attardant toutefois sur les seins juvéniles et fermes. Lui écartant les cuisses il frotta sa verge sur sa toison, ondulant doucement le bassin.
Rosalie n’avait plus de retenue et gémissait de plus en plus fort, peu lui importai qu’on puisse l’entendre à présent. Il l’embrassait, quand soudain, d’un coup de rein ferme et décidé, il pénétra le sexe humide et chaud. Elle cria, c’était si bon… commença alors un mouvement de va en vient lent et puissant, comme si, chaque fois il voulait entrer plus profondément en elle. L’homme s’était redressé et, Rosalie sentait son corps entier bouger sous chacun de ses mouvements saccadés. Il la regardait toujours, enfonçant de plus en plus vite sa verge dans la fente largement offerte. Il guida ses jambes et vint placer ses pieds sur ses épaules afin qu’elle puisse y prendre appui pour bouger plus aisément les hanches. La passivité fit place à l’audace, Rosalie bougeant en rythme son bassin, soutenue par les mains fermes sous ses fesses. Ses gémissements de plaisirs encourageaient le jeune homme à accélérer la cadence. Il empoigna encore plus les fesses rondes pour entrer le plus profond possible, jusqu'à la faire hurler dans la jouissance ultime, prolongeant l’orgasme au-delà de ses limites, avant de jouir à son tour dans un râle grave. Il se laissa tomber en arrière.
Rosalie resta un moment sans bouger, elle avait besoin de reprendre son souffle. Le choc avait été puissant, et, loin d’être rassasiée, elle en voulut encore. Elle rampa alors et se coucha sur le jeune homme. Il la serra tendrement contre son torse, lui picorant les lèvres. Il sortait doucement de sa torpeur. La jeune fille était à califourchon sur lui et frottait son sexe sur le sien, ce doux contact l’excita de nouveau et le membre se gonfla de nouveau. Rosalie était comme une chatte en chaleur que rien ne pouvait satisfaire. Elle aimait sentir ce sexe se durcir sous elle, et pour accélérer la manœuvre, elle descendit doucement ses lèvres le long du torse, dans une course ininterrompue vers le bas ventre. Si de telles caresses lui procuraient tant de plaisir à elle, cela devait être pareil pour lui.
La verge légèrement gonflée reposait sur la toison dorée. Elle était encore humide de son union avec Rosalie. Lentement elle l’effleura du bout des doigts, un peu effrayée de mettre ce membre volumineux dans sa bouche. La chose sembla tressaillir sous le contact de sa main. La peau était fine et extrêmement douce et la jeune fille y posa alors ses lèvres. Elle caressa toute la longueur du membre avec sa langue, provoquant le durcissement attendu. Enhardie, Rosalie laissa glisser ses lèvres autour de la verge, la faisant rentrer très loin dans sa bouche. Naturellement, elle trouva le rythme et les mouvements qui convenaient à une telle manipulation. Elle montait et descendait de plus en plus vite sur ce sexe qui se dressait et durcissait de plus en plus dans sa bouche. Le jeune homme gémissait et ces râles excitaient la belle qui oeuvra avec plus de dextérité. L’excitation grandit en elle, elle arrêta alors cette douceur et vint se mettre à califourchon sur lui, guidant de la main ce membre dur et tant désiré. Ainsi assise, elle commença sa chevauchée langoureuse, bougeant les hanches à son rythme, elle contrôlait tout et le plaisir que cela lui procurait était infernal et immense. Il caressait ses seins et ses hanches. Elle le regardait parfois, prenant plaisir à voir les sensations que son corps pouvait provoquer chez l’autre. Elle donna à ses hanches un mouvement de rotation qui leur procura énormément de plaisir. Ce sexe planté en elle semblait avoir eu raison de toutes ses peurs et inhibitions. Elle était sur un nuage et plus rien d’autre que ça ne comptait. Soudain avec douceur et fermeté, l’homme se redressa, la serrant fortement contre lui, il avait écarté ses jambes et elle glissait, enroulant les siennes autour de sa taille. Il la fit basculer en arrière, se retirant d’elle. Elle désapprouva d’un gémissement. Agenouillé, il la retourna sur le dos d’une main ferme et la guida pour qu’elle s’accroupisse devant lui. Il plaqua son sexe au bas de son dos, le frottant entre ses fesses. Puis il posa sa main sur sa nuque et la poussa en avant. Rosalie se retrouva à quatre pattes, les fesses relevées devant lui. Il saisit ses hanches et la pénétra vivement, lui arrachant un cri d’étonnement et de plaisir. Il allait vite et fort, et à leurs cris et murmures se mêlait le bruit sec de ses cuisses claquant sur ses fesses. La tête contre un coussin, Rosalie hurlait sous les coups de boutoir de ce sexe enflammé. D’une main il caressait les lèvres de son sexe, son clitoris, de l’autre il maintenait fermement ses fesses.
Dans les miroirs qui tapissaient les murs elle se voyait, et cette vision l’excitait, avec cet homme si semblable à Oscar derrière elle…Oscar avec un sexe d’homme, Oscar qui lui donnerait cette jouissance là…et le reflet devint celui qu’elle aurait dû être et Rosalie eut envie d’hurler ce nom chéri, mais ses sens s’égaraient et elle ne laissait échapper que des cris sans mots de sa bouche…
Elle jouissait sous le rythme effréné de ce va et vient infernal. Son corps entier, son âme entière était pénétrée par cette chose brûlante et dure. Il variait le rythme, tantôt doux et lent, tantôt infernal, jusqu'à maintenir au-delà du supportable cette vitesse diabolique, la portant aux portes de l’extase. Il fit durer ce plaisir et lui offrit la plus grande des envolées de jouissance qu’elle ait eue depuis son entrée en sensualité.
Epuisé, le jeune homme s’écroula dans un râle extatique

 

Chapitre 10 : Quand le sang parle

La jeune fille s’était endormie là, dans cette alcôve, tout contre cette blonde vision sortie d’un rêve inavoué.
Elle fut réveillée par Madame de Merteuil au milieu de la nuit. Encore à demi-endormie, elle dut se rhabiller, avec l’aide de la Marquise. Ses cheveux étaient en désordre. Les deux femmes traversèrent les vastes salons jonchés de corps alanguis, certains murmures résonnaient encore. Les valets à l’entrée étaient toujours là et leur voiture fut appelée.
Rosalie somnola sur le chemin du retour ; du moins elle faisait semblant. Elle n’avait aucune envie de parler, elle se sentait vide et mélancolique. Pourtant, lorsqu’elle laissait vagabonder son esprit elle ressentait à nouveau les caresses et les baisers sur son corps.
Arrivées au manoir, les deux femmes entrèrent sans bruit et regagnèrent chacune leur chambre.
La jeune fille était épuisée, mais elle ne voulut pas aller ce coucher ainsi, son corps portait encore les traces et effluves de ses étreintes multiples.
Elle descendit donc à la lingerie où il y avait une grande bassine de bois pour la lessive. Là, elle fit chauffer de l’eau et s’immergea dans le liquide bouillant. Elle se frotta vigoureusement au savon, sa peau en devenait rouge. Elle avait éprouvé la jouissance ce soir, en se donnant à des inconnus, mais elle ressentait comme un manque dans cette débauche de plaisirs. Elle voulait ôter toute trace de cette soirée sur son corps, soudainement elle était comme honteuse de ses désirs et de ses actes ; frotter sa peau à l’arracher était comme essayer de gommer cela de son cœur.
Elle s’était laissée corrompre par cette noblesse décadente qu’elle haïssait tant. Ses larmes coulaient sans discontinuer. La douleur de la mort de sa mère et de sa jeune sœur Charlotte remontaient en salves… Elle se sentait perdue ; tiraillée entre ce qu’elle était au fond de son cœur, une âme pure éprise de justice, et ce que son corps et ses désirs lui avaient fait commettre.
La jeune fille remonta se coucher, la nuit commençait à lever son voile. Elle était épuisée et tomba comme une masse.
Il était près de midi quand elle se leva. Au déjeuner, elle fit bonne figure devant Madame de Jarjayes, sous l’œil inquisiteur de la Marquise. Le reste de la journée, elle rechercha la solitude par tous les moyens, se cachant dans les jardins.
En quittant ce palais, Rosalie avait laissé une partie d’elle-même en arrière, et elle se sentait perdue sous le soleil brûlant de l’été. Tout ce qu’elle avait fait dans un seul et unique but : une nuit avec Oscar. C’était de la folie. La jeune fille avait la sensation d’avoir vendu son âme au diable. Un démon, voilà ce qu’était cette femme…mais après tout, n’était-elle pas la fille de la Polignac, âme damnée de la Reine, et plus intrigante encore que la Marquise même !
Le destin avait peut être mis cette femme sur son chemin pour l’éprouver, comme il lui avait fait croiser le destin d’Oscar…
Rosalie passa l’après midi à retourner tout ça dans sa tête, et, le soir venu, elle était résolue à aller jusqu’au bout de sa promesse. Elle passerait une dernière nuit avec Madame de Merteuil, et elle aurait Oscar.
Elle ignorait ce qui allait ce passer ensuite, mais cette incertitude ne l’effrayait pas. Elle devait suivre sa destinée.
Ce soir là, la Marquise se rendit à l’Opéra en compagnie de Madame de Jarjayes. Rosalie passa enfin une nuit calme et seule. Elle savoura cette intimité retrouvée, d’autant qu’elle était épuisée, son corps entier n’était plus qu’une courbature.
La journée suivante se passa dans un calme absolu, Madame de Merteuil était à la cour, et ne rentra que fort tard.
Au milieu de la nuit, Rosalie fut éveillée par sa femme de chambre de la Marquise. Celle-ci la tira sans un mot hors du lit et la conduisit dans les jardins. Une simple lampe les éclairait dans le dédale effrayant des haies de buis qui se dressaient comme autant de murs sombres et infranchissables.
La soubrette marchait vite, et Rosalie, encore ensommeillée, la suivait avec peine en trébuchant. La jeune femme la guida jusqu’au fond du parc, près de l’étang des cygnes de Madame de Jarjayes. La lune était pleine et se reflétait sur l’eau calme. La servante fit alors une révérence et s’en fut aussi rapidement qu’elle était venue. Rosalie se retrouva seule dans l’obscurité avant même d’avoir pu protester. Très vite, elle eut terriblement peur, dans ce coin reculé des jardins, seule en pleine nuit… Chaque bruit prenait soudain des allures effrayantes. Avec le temps, les yeux de la jeune fille s’habituèrent à l’obscurité et la clarté de la lune vint à sont secours. Elle n’avait qu’une envie : partir, mais elle était paralysée par un étrange mélange de curiosité et d’effroi. Elle mourait de peur mais elle savait pertinemment qu’elle devait rester là.
Adossé cotre le vieux saule au bord de l’eau, elle attendit pendant d’interminables minutes, bercée par le chant des grenouilles et des grillons. Elle fut tirée de sa solitude par une main brutale qui vint se coller contre sa bouche. Cachée derrière l’arbre, une personne la maintenait ainsi immobile et silencieuse. Rosalie tenta de se débattre, mais deux lèvres avides virent se coller sur sa bouche dans un crissement de taffetas. C’était une femme à n’en pas douter, et Rosalie reconnut bien vite le parfum lourd et entêtant de Madame de Merteuil. Celle ci la plaquait contre l’arbre et l’embrassait avec une vigueur incroyable. Rosalie sombra sous la vague de plaisir que provoquait à chaque fois cette langue infatigable. Sa torpeur ne dura pourtant pas, ce soir plus que tout autre elle obtiendrait ce qu’elle voulait de cette amante terrible et manipulatrice. Lentement, Rosalie fit tourner leur étreinte jusqu’à ce que la Marquise fut adossée sur le tronc rugueux de l’arbre. Elle se plaquait contre elle comme pour l’empêcher de fuir. Sous sa chemise de nuit, plaqué contre sa cuisse, Rosalie avait dissimulé un poignard, qu’elle sortit prestement pour venir le placer sous la gorge de l’intrigante. Grâce à Oscar, Rosalie se débrouillait à présent fort bien dans le maniement des armes. Son bel officier lui avait appris à se défendre et à attaquer.
La marquise se retrouvait bloquée et à sa merci. Sous la lueur pâle de la lune, elle voyait la peur se dessiner dans le regard d’un visage pourtant impassible. Cette femme manipulatrice et puissante ne serai pas facile à convaincre et cette lame ne serait pas de trop.
« Je veux mon dû maintenant, dit calmement Rosalie. Ensuite vous aurez le paiement de ma dette. Vous avez ma promesse, alors maintenant tenez la vôtre si vous en êtes capable…
-Sinon ? Répondit la Merteuil dans un sourire presque moqueur.
-Sinon il pourrait vous arriver de fâcheuses déconvenues. Savez-vous qui je suis ? Ma mère n’est autre que la Comtesse de Polignac*, elle à toute la confiance de la Reine. Avec ce que je sais de vous et quelques précieuses lettres que je vous ai subtilisées par précaution, votre rang à la cour ne tient plus qu’à un fil… »
La marquise resta longtemps silencieuse, elle ne s’était pas attendue à ça. Rosalie ne lâchait pas prise, ce qu’elle venait de dire la répugnait profondément, s’abaisser à citer cette mère indigne à son cœur ne lui ressemblait pas. Mais cette mère honnie était la seule à pouvoir effrayer Madame la Marquise de Merteuil !
« Soit ! Répondit-elle enfin. Je vais vous donner ce que vous voulez. Vous obtiendrez les faveurs de votre petit Colonel… »
Rosalie relâcha la pression et la Marquise se rengorgea avant de disparaître dans l’obscurité. Elle avait dit tout cela sur un ton de dédain qui masquait à peine la vexation. Décidément elle avait sous estimé cette enfant, elle était prise à son propre jeu ! Sa parenté avec la Polignac n’était pas pour arranger ses affaires, cette femme pouvait la faire tomber en disgrâce d’une parole. Les rôles étaient inversés et elle était prise au piège. Pour l’instant du moins…


(* ndla : En ce temps là, Julie de Polignac, encore sous le coup de la mort de Charlotte, essayait à tout pris de regagner les faveurs de Rosalie. L’affaire du collier n’avait pas encore éclatée et la Comtesse n’avait pas de prise sur la jeune fille. Rosalie savait que cette parenté pourrait lui servir auprès de la Marquise, car la Polignac était alors toute puissante à la cour.)

 

 Chapitre 11 : Un voyage imprévu

Rosalie passa la nuit aux écuries. Par prudence elle n’avait pas voulu dormir dans sa chambre. Elle fut réveillée assez tard dans la matinée par André. Il ne lui posa aucune question sur sa présence en cet endroit. Il s’était contenté de sourire en lui tendant des vêtements. « Il vaut mieux que tu soit habillée avant de rentrer au château. Je leur ai dit que tu étais allée chevaucher dans la campagne… »
Rosalie confuse et étonnée le remercia. Décidément André était comme son ange gardien. Il la laissa seule et elle se changea. Le jeune homme lui avait apporté sa tenue d’équitation. Rosalie rentra donc au château sans se faire remarquer.
Elle montait les escaliers lorsqu’on lui dit que Madame de Jarjayes souhaitait la voir au salon. La mère d’Oscar l’accueillit avec un sourire chaleureux. « Ma chère Rosalie, quel dommage que vous soyez partie si tôt ce matin, Madame de Merteuil est parti ce matin précipitamment, des affaires importantes à régler en ces terres. Nous vous avons cherché partout, mais hélas elle n’a pu vous attendre. Elle m’a chargé de vous dire au revoir pour elle... » Rosalie était abasourdie. Partie ! Alors elle avait fait tout cela pour rien ! Elle avait vendu son âme au diable pour rien !
Madame de Jarjayes prit son trouble pour de la déception de n’avoir pu dire au revoir à la Marquise. Rosalie pris alors congé et remonta dans sa chambre. Ses jambes tremblaient sous elle et elle titubait.
Le sol se dérobait sous ses pas.
A peine la porte de sa chambre fut refermée derrière elle qu’elle s’effondra en sanglots. Elle pleura longtemps, allongée sur le sol de sa chambre. Son désespoir était immense.
Puis elle parvint enfin à se lever et alla vers sa coiffeuse pour se passer de l’eau fraîche sur son visage rougi et gonflé de larmes.
C’est là qu’elle vit, posé sur le rebord de la tablette, un petit flacon de verre finement ciselé sous lequel était glissé une lettre.
Rosalie l’ouvrit. Elle était de Madame de Merteuil.
«Ma chère enfant,
Suite à notre petite conversation d’hier soir, je vous offre ce que vous souhaitiez. Dans ce flacon vous trouverez un filtre fabriqué sur ma demande pour vous. Il est très efficace n’en doutez pas.
Son usage en est fort simple : déposez quelques gouttes de ce liquide sur votre gorge et quelques autres dans la boisson favorite de votre petit Colonel. Dès qu’Oscar aura bu elle n’aura d’yeux que pour vous… Ensuite ce sera à vous de saisir votre chance car rien n’est jamais acquis. Mais vous devez savoir une chose : l’effet de cette potion ne perdurera pas dans le temps…à vous d’en profiter au mieux…
N’oubliez pas votre dette une fois que votre souhait sera exaucer, car moi je ne l’oublierai pas…
Votre Marquise »
Elle avait tenu sa promesse. Rosalie, en cet instant, senti son cœur se gonfler d’espoir. Si cette chose marchait, elle aurait Oscar !

La journée lui paru longue à mourir. Elle réfléchissait sans cesse au meilleur moment d’agir, elle devrait être discrète, et le manoir était rempli de monde. La tâche lui paraissait insurmontable, autant que son impatience.
Le soir au dîner, Oscar annonça qu’elle partait pour quelques jours en Normandie. André et Rosalie l’accompagneraient. A ces mots, la jeune fille senti son cœur battre à un rythme abominable. Enfin l’heure approchait où son rêve allait enfin prendre corps.
Elle ne dormit pas cette nuit là. Elle ne pensait qu’à Oscar, son Oscar. Elle rêvait cet instant où leurs lèvres se toucheraient enfin. Elle sentait des picotements merveilleusement agréables au creux de ses cuisses et bougeait lentement son bassin pour les amplifier. Ses doigts parcouraient tout son corps imaginant que c’était celui d’Oscar. Sa silhouette athlétique et élancée dansait dans le fantasme de la jeune fille. Elle imaginait sa peau douce, ce corps ferme et ses mains sur elle. Son oreiller entre ses jambes, Rosalie se voyait encercler ce corps tant désiré. Elle avait retiré sa chemise et se caressait avec fougue. Son excitation était trop forte, il lui semblait qu’elle n’aurait jamais la force d’attendre.
Son bassin ondulait, elle gémissait et frottait de plus belle son sexe avide sur ce coussin inerte. A plat ventre, les cuisses largement ouvertes elle serait contre ses seins le second oreiller, reconstituant une silhouette imaginaire sur laquelle elle superposait l’image de son aimée. Elle était en nage et son corps tout entier semblait animés de soubresauts. Son sexe frottait le tissus humide de l’oreiller de plumes et ses hanches bougeaient à un rythme effréné jusqu'à ce que la délivrance de la jouissance vint apaiser momentanément sa faim.

A l’aube elle fut prête. Avant même que les autres ne fussent levé.
Enfin l’heure du départ arriva. Lorsque la voiture s’ébranla, Rosalie senti une joie immense l’envahir et son impatience grandir encore.
Elle avait enveloppé le flacon dans un mouchoir et l’avait logé aux creux de ses seins, histoire de ne pas le perdre !

 

Chapitre 12 : Nuits normandes, nuits gourmandes ?

Il faisait beau en cette fin d’été et l’air marin apportait une fraîcheur bienvenue.
Les jours s’écoulaient dans la douceur et le calme dans cette demeure simple et confortable.
Rosalie avait décidé d’attendre un peu avant d’expérimenter le filtre de la Merteuil. Oscar était arrivée ici fort préoccupée et la jeune fille avait préféré attendre que sa belle fut dans de meilleures dispositions.
Un matin alors qu’Oscar était d’une humeur fort gaie, Rosalie décida d’essayer le produit à toute petite dose, pour voir. Elle mis une toute petite goutte dans le chocolat de la jolie blonde et une même petite goutte dans le creux de son décolleté…
Au début rien ne se passa. Oscar garda son comportement habituel. Les trois amis partirent se promener sur la plage. Leur promenade fut troublée par la visite d’une étrange femme en noir. Rosalie reconnut Jeanne sa sœur, et resta avec elle après le départ précipité d’Oscar et André.
Lorsque la jeune femme repris le chemin du château, elle se rendit compte qu’Oscar l’avait attendue en chemin. Elles parlèrent peu pendant le chemin du retour mais, chose étrange, Oscar chevauchait derrière Rosalie, ce qui était totalement inhabituel. De plus, Rosalie sentait qu’on la regardait et, en se retournant, surprit le regard d’Oscar sur elle, un regard tel qu’elle ne lui en avait jamais vu, à la fois doux et insistant.
Cette sensation dura tout le long de l’après midi et Rosalie commença sérieusement à croire que cette potion fonctionnait. C’est ainsi qu’elle augmenta un peu la dose dans le chocolat de 16h00…
Au dîner elle s’habilla de manière un peu plus apprêté que d’ordinaire portant un corset plus serré et une robe un peu plus décolletée. André, remarqua sa tenue, elle la justifia par une envie de coquetterie féminine… Oscar quand à elle ne cessait de regarder avec insistance ces seins blancs qui gonflaient au rythme de la respiration de Rosalie. La jeune femme observait tout cela avec délectation et son excitation ne faisait que croître. Demain, elle porterai l’estocade finale…il fallait qu’Oscar aussi attende…patience donc.
Après le dîner, André sorti dans le jardin pour observer les étoiles et Oscar se rendit à la bibliothèque. Rosalie ne manqua pas de lui servir un autre chocolat…sans oublier de lui tenir compagnie. Elle avait pris un livre de gravures et le feuilletait négligemment en surveillant l’attitude d’Oscar.
Le bel officier avait bien du mal à se concentrer sur son ouvrage et regardait toujours Rosalie avec insistance. « Vous souhaitez me dire quelque chose Oscar ? Demanda t’elle d’une voix candide et sensuelle.
-Non pas vraiment, répondit Oscar d’un ton gêné. Je me disait juste que tu avait change ces derniers temps.
-Changé ? Et en bien j’espère… Et Rosalie souriait avec gourmandise. Elle mouillait ses lèvres et regardait Oscar avec malice.
-Oui, euh, comment dire, tu est devenue une vraie demoiselle. Tu as pris beaucoup d’assurance, et tu est très jolie ce qui ne gâche rien. Je sais que beaucoup de galants ne désirent qu’un regard de toi à la cour… Oscar parlait d’une voix grave, le ton se voulait détaché mais ne parvenait pas à masquer son trouble.
-Je me fiche bien de ces galants. C’est votre avis qui compte le plus ! Après tout c’est de vous que je m’efforce de tout apprendre…
-C’est plutôt moi qui aurait des choses à apprendre de toi ; elle avait dit cela d’un air mélancolique ; tu es devenue très féminine, et moi j’ignore tout de cela...
-Il ne faut pas dire cela Oscar, s’insurgea Rosalie d’une voix douce et ferme, vous êtes quelqu’un d’exceptionnel et bien des femmes souhaiteraient vous ressembler, à commencer par moi ! Comment pouvez vous dire que vous n’êtes pas féminine, vous êtes belle Oscar, très belle… »
oscar la regarda avec étonnement, les paroles de Rosalie raisonnaient dans le silence soudain de la bibliothèque. La jeune fille semblait transfigurée et Oscar en fut troublée. Elle découvrait une Rosalie nouvelle et insoupçonnée, pleine de force et de charme. Elle n’était plus cette enfant triste et effrayée, mais une femme sûre d’elle et terriblement troublante…
Oscar sentait son cœur battre à se rompre. En silence elle quitta la pièce, la présence de Rosalie devenait par trop déconcertante. Soudainement elle se surprenait à la trouver séduisante et laissait son regard s’attarder sur elle plus que de raison.
Rosalie ressentit très bien la gêne d’Oscar, elle avait vu ses joues s’empourprer et s’était retenue de ne pas l’embrasser sauvagement tant son excitation était grande. La chaleur entre ses cuisses était délicieusement insoutenable. Vivement, elle souleva sa jupe et se laissa tomber en arrière sur le grand fauteuil, ses fesses glissèrent sur le rebord. Les cuisses ouvertes elle glissa sa main dans son sexe chaud. Ses doigts entrèrent sans mal dans l’étroit orifice et commencèrent le rapide mouvement qui soulagerait sa faim. Le va en viens infernal la conduit à une jouissance rapide et furtive… Nullement assouvi son désir s’en trouvait décuplé.

Oscar, de son côté, s’endormit avec peine. L’image de Rosalie la hantait dès qu’elle fermait les paupières, elle revoyait sans cesse ses lèvres, ses yeux malicieux, sa taille pincée et ses deux seins qui se gonflaient au rythme de sa respiration douce… Ces images obsédantes prenaient lentement possession de son âme.
Peu avant l’aube, la jeune femme sombra dans un sommeil tourmenté.

 

Chapitre 13 : Jeux d’eau …


C’est Rosalie elle-même qui vint réveiller Oscar en fin de matinée.
Elle portait un plateau de petit déjeuner avec un chocolat très parfumé… et une jolie brioche toute chaude.
Pimpante et gaie elle ouvrit doucement les rideaux et les volets. D’une voix douce et chantante elle réveilla doucement le joli Colonel et posa le plateau sur une chaise à côté de on lit avant de quitter la pièce d’un pas léger, dans le bruissement de ses jupes froufroutantes.

Oscar émergea doucement, le parfum de roses de Rosalie se mêlait aux effluves du chocolat et de la brioche.
Elle avait peu dormi et se sentait lasse. Elle s’assit dans son lit et porta le plateau sur ses genoux. Les douces effluves du chocolat la revigorait.
Son plateau terminé, elle décida de prendre un bain et sonna Molly la vieille gouvernante pour qu’elle lui prépare la baignoire.
Pendant que l’eau chauffait, Oscar se prélassa encore au lit. Le chocolat continuait son effet ravageur et Oscar était plus troublée que jamais. Elle rêvassait, la tête emplie d’images d’une Rosalie plus aguicheuse que jamais. En outre elle n’était même pas choquée de penser de telles choses, cela lui semblait tellement naturel… décidément cette potion était réellement efficace…

Le bain prêt, Oscar s’y plongea avec délectation. Il était très mousseux, comme elle l’aimait et pas trop chaud pour ne pas rougir sa peau délicate.
Rosalie se débrouilla pour prendre la place de la gouvernante dans la salle de bains, ainsi elle pourrait admirer un peu plus sa future proie !
Oscar fut donc surprise de voir la jeune fille entrer avec les linges qui serviraient à l’essuyer à la place de la vieille Molly.
Ce changement, loin de la chagriner la ravit au contraire et elle décida d’en profiter en demandant à Rosalie de lui laver les cheveux.
« Ca marche ! » pensa la jeune intrigante, qui s’empressa de venir laver la magnifique chevelure blonde !
Elle commença doucement par lui mouiller les cheveux avec de l’eau claire, elle les savonna ensuite avec une lotion particulière à base de plantes. Ses doigts lui caressaient le cuir chevelu avec douceur. Elle avait des gestes lents, et ses mains descendaient parfois sur la nuque où elle insistait d’avantage, mais pas trop. Oscar se laissait totalement aller sous ces mouvements délicieux.
Après avoir rincé les cheveux, Rosalie dû lui frotter le dos.
La jeune fille la savonna avec une éponge moelleuse qu’elle s’empressa de laisser couler dans la baignoire, elle plongea le bras pour la repêcher et effleura doucement les fesses et le bas du dos en remontant.
Un frisson voluptueux parcouru le corps d’Oscar et elle s’abandonna sous l’éponge qui lui frottait le dos et qui continuait son périple en lui savonnant la poitrine.
Oscar avait, chose surprenante, une poitrine plutôt généreuse et très ferme. Rosalie dû se retenir pour ne pas lui mordiller ses tétons roses qui pointaient hors de la mousse…
La tête posée en arrière sur le rebord de la baignoire, Oscar fermait les yeux et profitait de cette toilette inattendue.
Prudente, Rosalie osait sans trop en faire, elle voulait y aller graduellement, histoire de faire monter l’excitation et le plaisir…
Comme il lui était bon de jouer ainsi avec sa belle !
La toilette terminée, Oscar sorti du bain et Rosalie l’enveloppa d’un grand drap pour l’essuyer. Elle la frotta avec le linge et caressa son corps mince et musclé a travers le tissus mouillé. Elle n’oublia aucun endroit et Oscar se laissa faire se laissant doucement aller à la volupté de ce contact sensuel et doux.
Lorsqu’elle eut enfin fini, Rosalie quitta la pièce, laissant Oscar seule pour s’habiller.
La jeune officier se sentit presque perdue, le contact, le parfum et la présence de Rosalie lui étaient devenus presque indispensables…
Troublée, elle s’allongea sur son lit, nue et laissa aller ses mains sur son corps, cet inconnu pour elle, essayant de retrouver les frissons provoqués par les mains douces de la jeune fille. La chose était agréable mais les sensations n’étaient pas les mêmes, Rosalie lui manquait…
Elle resta longtemps alanguie avant de reprendre ses esprits.
Elle s’habilla, à regrets, pour descendre déjeuner.

 

Chapitre 14 : Le secret d’André…


Rosalie était plus jolie que jamais au déjeuner, les joues roses et les lèvres gourmandes. Elle portait une charmante robe de cotonnade imprimée de fleurs et avait relevé ses cheveux, dévoilant sa nuque laiteuse et délicate.
Oscar ne pouvait détacher son regard d’elle. Chaque mouvement de la jeune fille provoquait mille émois en elle.
Rosalie était enjouée et faisait celle qui ne remarquait rien.
André observait les deux femmes d’un air curieux et Oscar croisa son regard perplexe. Elle se rendit tout à coup compte de son manque de discrétion. Les joues rouges elle cessa de regarder Rosalie et resta silencieuse pendant le repas.

La chaleur de cette journée d’août rendait toute activité difficile durant l’après midi. Oscar se retira dans sa chambre pour se reposer un peu derrière les volets clos.
Rosalie se rendit dans le jardin et s’allongea à l’ombre des pommiers du verger. Elle souhaitait dormir un peu afin d’être en forme pour le soir.
Pourtant Rosalie ne s’endormis pas, elle était préoccupée. Oscar manquait de discrétion et même si cela ne lui déplaisait pas, cela risquait fort de mettre ses projets en danger. André était loin d’être un imbécile et il découvrirait sans doute le pot aux roses si Rosalie ne réagissait pas. Elle était d’ailleurs étonnée qu’il n’ait encore rien sous entendu, au vu de la conduite d’Oscar.
C’est à ce moment là qu’elle aperçut le jeune homme qui traversait les jardins à vive allure.
Curieuse elle décida de le suivre a distance.

André descendit au village, il marchait d’un bon pas. Il entra dans l’église, Rosalie le suivit.
Le jeune homme s’entretenait avec le prêtre de la paroisse. Les deux hommes parlaient à voix basse. Rosalie, à quatre patte, rampait entre les bancs de bois afin de s'approcher au plus près.
La jeune espionne mit un certain temps avant de comprendre la teneur de leur conversation, les propos étaient confus. Ils parlaient de foi et d’engagement, et elle finit par comprendre qu’André songeait sérieusement à enter dans les ordres !
Le prêtre tentait de démêler si cette envie soudaine était due à la foi en Dieu ou simplement au dépit amoureux qui inondait le cœur d’André.
Le jeune homme parlait avec fougue et tristesse. Il avait toujours été croyant, et son attachement à Dieu s’était toujours manifesté dans sa compassion envers autrui. Depuis toujours il plaçait la charité et le don de soi au dessus de tout. Il aidait beaucoup les plus démunis, participait énormément aux actions de sa paroisse en faveur de plus pauvres. L’injustice le révoltait et il pensait pouvoir aider et agir en servant Dieu.
Son amour pour Oscar et son abnégation envers elle étaient de la même force. Pourtant depuis quelques temps sa souffrance était devenue intolérable, il ne trouvait plus la paix qu’en aidant les autres.
Il avait toujours été un fervent admirateur de St François d’Assise et de ses vœux de pauvreté. Son destin le fascinait depuis toujours.
Rosalie écoutait, surprise et choquée par son désespoir. Pourtant, cette soudaine vocation mettait André hors course pendant quelques temps. Elle l’empêcherait de commettre cette folie. Elle savait déjà comment, mais elle devait d’abord obtenir ce qu’elle voulait. Après cela, elle s’occuperait d’André.
Les deux hommes quittèrent l’église pour se rendre dans la sacristie, Rosalie en profita pour filer. Le temps lui était compté et elle devait agir au plus vite.

 

 

Chapitre 15 : Coup de chaleur…

Rosalie rentra au manoir en courant, la chaleur épouvantable et le soleil de plomb ne purent l’en empêcher.
Elle était trempée en arrivant et au bord de l’évanouissement. Epuisée, elle s’écroula sur le carrelage froid de la cuisine afin de reprendre ses esprits, et sans y prendre garde elle perdit tout doucement conscience.

Oscar s’éveillait. Elle dormait toujours à ces heures trop chaudes pour faire autre chose. Comme toujours ces derniers temps, son sommeil avait été hanté de rêves plus ou moins avouables où Rosalie jouait le rôle principal. Troublée au début, choquée même, elle s’en accommodait très bien et aimait même y repenser lorsqu’elle était seule et rêvassait…
Elle avait soif. Plus d’eau dans le pichet, il fallait descendre à la cuisine…

Les volets étaient clos, et la pièce était plongée dans la pénombre. Oscar se dirigeait vers la pompe à eau quand elle aperçut la jeune fille étendue sur le sol.
Affolée Oscar se précipitât auprès d’elle, Rosalie avait les joues rouges, elle était brûlante. Sans réfléchir, Oscar remplis son pichet d’eau et posant la tête de la jeune fille sur ses genoux, aspergea doucement son visage et sa gorge du liquide frais. Elle desserra aussi les lacets de son corsage afin de l’aider à respirer. Les gouttes d’eau glissaient sur la peau douce et rougie par la chaleur.
Sous la fraîcheur, Rosalie reprenait doucement ses esprits. Entrouvrant les yeux elle fut surprise de voir Oscar au dessus d’elle qui l’aspergeait doucement. Quel bonheur ! Elle savourait chaque secondes et gardât les yeux clos encore quelques instants, laissant Oscar libre de tout mouvements… l’occasion était trop belle !

Oscar était elle fascinée par les gouttes d’eau qui roulaient sur la gorge de Rosalie. Comme dans ses rêves, elle ressentait ce trouble et ce désir.
Enhardie par l’inconscience de la jeune fille, elle glissa ses doigts sous le corsage délacé. La peau était douce, elle sentait son cœur battre et ses seins se gonfler sous la respiration calme. La main glissa doucement entre les deux seins ronds et fermes, dieu que c’était doux et bon. Oscar sentait le désir brûler en elle comme jamais. La peau de Rosalie exhalait un parfum de rose enivrant qui lui tournait la tête…

Rosalie frémissait, ce contact intime était inespéré ! La main d’Oscar glissait sur son sein… son téton était dur et elle sentait les doigts tremblants jouer avec… le moment était venu pour elle d’ouvrir enfin les yeux... Il fallait agir avec douceur pour ne pas effrayer Oscar et briser ce moment magique…

Dans un gémissement langoureux, elle tournât doucement la tête et ouvrit les yeux.
Surprise, Oscar retira sa main prestement. D’un geste vif, Rosalie lui attrapa le poignet et, plongeant ses yeux dans les siens avec une fermeté sans égale, replaçât la main du beau Colonel dans son corsage trempé…
Oscar avait les joues rouges et semblait figée de stupeur. Doucement Rosalie leva doucement son bras et caressa enfin ce visage tant désiré, effleurant les lèvres avec insistance.
Les deux jeunes femmes se regardaient en silence, le temps semblait s’être arrêté et plus rien ne saurait troubler cet instant…

Lentement, Oscar approcha son visage de Rosalie, et posa enfin ses lèvres sur les siennes. Un frisson l’envahis, c’était si doux si bon !
Rosalie enlaçait le cou d’Oscar qui serra d’avantage la jeune femme dans ses bras. De chaste et doux le baiser se fit plus profond et langoureux sous la langue experte de Rosalie, dont le désir était plus brûlant que jamais…

 

Chapitre 16 : Le verrou…

( Ce titre est en référence au tableau de Fragonard du même nom qui vous donnera une idée des choses une fois la porte fermée…)

Dans la pénombre de la cuisine les deux jeunes femmes s’abandonnaient dans les bras l’une de l’autre. L’élixir mystérieux de la Marquise avait fait son œuvre.

Enfin.

Les mains d’Oscar fouillaient frénétiquement le corsage défait provoquant des spasmes de plaisir chez Rosalie qui gémissait de plus en plus sous les lèvres brûlantes d’Oscar. La jeune femme avait passé la main dans l’ouverture de la chemise masculine, au creux de sa paume se lovait enfin ce sein frémissant derrière lequel palpitait ce cœur passionné tant aimé.

Submergée par le plaisir qu’elle découvrait pour la première fois, Oscar avait totalement oublié qu’elle se trouvait sur le carrelage de la cuisine et que les domestiques risquaient de les surprendre.
Bien que savourant totalement sa victoire, Rosalie n’en restait pas moins vigilante et l’idée d’être surprise ne lui plaisait guère… D’autant qu’elle comptait prolonger l’étreinte le plus longtemps possible et dans des conditions autrement plus confortables.

Avec douceur, elle quitta les lèvres affamées d’Oscar et se releva lentement. Elle prit les mains de la blonde ébouriffée et l’entraîna hors de la cuisine. Elle la conduisit dans l’escalier puis jusqu'à sa chambre. Comme envoûtée, la jeune aristocrate ne cessait d’étreindre et d’embrasser Rosalie tout au long du trajet vers sa chambre.
Une fois la porte fermée et le verrou tiré, Rosalie s’abandonna tout à fait au plaisir et aux caresses hardies de son bel officier…

Oscar avait plaqué Rosalie contre le montant du baldaquin et l’embrassait avec fougue. C’était comme si toutes ses années de frustrations et d’oubli de son corps s’envolaient. Elle se sentait libre. Enfin libre de jouir de son corps et du plaisir que celui-ci lui procurait.
Le corsage défait de la jeune femme dévoilait sa poitrine humide. Les tétons roses pointaient vers le ciel avec arrogance. Oscar contemplait la jeune fille toute en boucles au regard languide. Elle sentait que tout cela n’était que folie.
Qu’importe ! Elle se sentait vivre et c’était délicieux !
Ses yeux étaient plantés droit dans ceux de Rosalie, ses mains palpaient la poitrine insolente. Elle délaça d’avantage le corsage et laissa glisser ses mains sur les hanches puis sur les fesses…

Rosalie se laissait faire, elle savourait sa victoire. Les mains d’Oscar sur ses fesses étaient un vrai délice, puis Rosalie se plaqua contre Oscar, glissa ses doigts sous la chemise à présent largement ouverte. Elle joua du bout des doigts avec les tétons durcis. Faisant glisser le vêtement sur le sol, elle posa ses lèvres sur les deux jolis ballons d’Alsace (poésie locale soufflée par mon chéri…) et les couvrit de baisers torrides.
Elle laissait courir ses mains le long du dos musclé, descendant lentement vers les creux des reins, puis les doigts glissèrent doucement sous la culotte* de soie rouge.

Oscar tressaillait sous tant de sensations. Elle descendit ses main et fit tomber au sol le reste des vêtements de Rosalie (par bonheur, la chaleur ambiante avait poussé la jeune femme à se vêtir très légèrement).
Elle tenait enfin la jeune femme totalement nue dans ses bras et laissait ses mains courir sur sa peau, découvrant des recoins encore plus doux que le reste…
Les mains de Rosalie glissaient sur ses fesses rondes et fermes de cavalière accomplie provoquant les frisson de on corps tout entier.
D’une main, elle déboutonna sa culotte, ouvrant à Rosalie la voie royale vers son intimité…
La culotte glissa sur le sol avec les bas et tout ce qui pouvait être retiré. Rosalie s’était agenouillée pour achever de dénuder totalement ce corps magnifique et fuselé.
C’est avec bonheur et volupté qu’elle plongea son visage dans la toison dorée de son aimée. Elle huma son parfum à en perdre conscience.

Puis Rosalie se releva, pris la main d’Oscar et la conduisit vers le lit.



Note : Au 18ème siècle la culotte était le nom du « corsaire » ou « knikers », comme nous dirions aujourd’hui, porté par les aristocrates. C’était un privilège de leur rang, porté avec de coûteux bas de soie.
Les sans culottes portaient un pantalon, et n’étaient pas comme on le croit dépourvus de sous vêtements…)

 

Chapitre 17 : L’alcôve enchantée…



Au creux du lit moelleux, protégées par de lourdes tentures de taffetas carmin, les deux corps aux blondes boucles se fondaient l’un dans l’autre.
De passive Rosalie avait pris les choses en main, elle entendait bien profiter de chaque instant et se donnait pour mission de faire découvrir à Oscar toutes les facettes de la sensualité.
Oscar, de son côté, ressentait pour la première fois une liberté nouvelle s’emparer de son âme et de son corps. Il n’y avait plus de limites, le carcan du mensonge était brisé et elle se sentait enfin vivre.
Sur sa peau, les lèvres gourmandes de Rosalie faisaient naître des frissons insoutenables. La langue douce s’attardait dans chaque crues et recoins secrets de son corps, il lui semblait qu’elle le découvrait en même temps que la jeune fille qui goûtait sa peau.

Oscar avait toujours un peu nié son corps, encombrant réceptacle de son âme guerrière. Longtemps elle avait été un être désincarné, insensibles aux douleurs comme aux plaisirs physiques.
Ce séjour en Normandie avait brisé toutes ses certitudes et toutes les protections qu’elle avait dressées autour d’elle s’étaient brisées.
Elle prenait conscience d’elle-même et s’abandonnait totalement aux caresses indécentes qui la submergeaient de bonheur.

Tout avait commencé par un baiser interminable.
Après s’être allongée à côté d’Oscar, Rosalie s’était penchée sur son visage et avait dévoré ses lèvres avec une gourmandise non dissimulée. Leurs langues s’étaient mélangées, comme leur boucles blondes autour de leurs visages.
Rosalie tenait entre ses mains le visage adoré, ses doigts plongés dans l’or des boucles sauvages. Les bras d’Oscar l’encerclaient et elle sentait leur force douce la plaquer contre elle.
Elle avait allongé son corps sur le sien, l’avait enserré entre ses jambes pour mieux la garder contre elle.
Peau contre peau, elles s’étaient embrassées longtemps, comme pour rattraper le temps perdu. Puis doucement Rosalie avait quitté les lèvres affamées pour goûter d’autres territoires.
La chaleur ambiante donnait à cette peau tendre une saveur salée.
Sans retenue sa langue courait partout, s’attardant plus ou moins selon les réactions provoquées. Elle caressa longuement les tétons roses et durci sous les gémissements encourageants de la belle soumise et abandonnée.
Elle était descendue progressivement, d’une lenteur insoutenable et délicieuse.
La langue descendait est les mains aussi. Rosalie laissait ses doigts courir sur la peau humide et frémissante, elle se perdait dans les courbes, précédant ou suivant les lèvres de la goûteuse.
Doucement, les doigts avaient joué avec les boucles dorées de la toison pubienne. Avec délicatesse les mains avaient écartés les deux cuisses pudiques, ouvrant le chemin vers d’autres lèvres qui réclamaient elle aussi leur baiser…
Oscar savourait simplement, alanguie et inerte. Elle gémissait sous les caresses impudiques, se fichant bien qu’on puisse entendre, peut être, ses cris de volupté.
Avec des gestes doux et fermes à la fois, Rosalie guidait son corps, instantanément Oscar comprenait ce qu’elle voulait.
Elle replia ses jambes, ouvrant plus largement ses cuisses et remontant son bassin, offrant son sexe avide aux lèvres de la jeune femme.
Rosalie entra doucement un doigt par l’étroit orifice, tout en jouant avec ces lèvres particulières du bout de la langue.
Sa main imprima un mouvement de va et viens qui fut suivit en rythme par les hanches de la belle.
La caresse se prolongea longtemps, Oscar se tordait, se cambrait sous l’insoutenable caresse. Elle tenait la tête de Rosalie plaquée sur son sexe, ses gémissements se faisaient plus sonores, puis la jouissance vint la terrasser toute entière, elle était vaincue par se puissance. Ses muscles se relâchèrent, essoufflée et heureuse elle s’abandonna presque inconsciente.
Rosalie fut très satisfaite de son petit effet, et elle entendait bien ne pas laisser les choses s’endormir ainsi…
Elle se coucha donc aux côtés de la belle et l’enlaça tendrement, histoire de lui laisser un petit répit, tout en la caressant doucement pour maintenir ses sens éveillés…

 

Chapitre 18 : Un nouveau départ…



Le silence régnait dans la vaste demeure. Une douce lumière passait au travers de volets clos, tombant sur les sols comme des taches d’or liquide.

Lorsque André était entré dans la cuisine, les éclaboussures d’eau faites par Oscar avaient séchées depuis longtemps. Las et triste, il se rendit dans sa chambre.
Sa conversation avec le Père Michel avait été longue et émotionnellement difficile. Le prêtre comprenait la démarche du jeune homme, mais la route de la prêtrise était longue et difficile.
Sensible à la détresse de ce cœur perturbé, il avait proposé à André d’éprouver sa foi et de tester son engagement. Un de ses amis d’enfance était entré dans les ordres, il était moine dans un cloître Franciscain de la région.
Le Père Michel avait donc proposé à André de se retirer au Monastère durant quelques temps, afin d’étudier les écritures. La solitude l’aiderait sans doute à voir plus clair en son cœur.
Une lettre de recommandation dans la poche, André était rentré au manoir et faisait calmement ses bagages.
Il voyagerait léger, les Franciscains avaient fait vœux de pauvreté, il n’aurait donc pas de grands besoins. Une chemise de rechange, du pain, du jambon fumé et une gourde de vin pour la route, sans oublier deux ou trois pommes…
Il laissa une lettre à la gouvernant e pour prévenir Oscar de son absence d’une durée indéterminée. Il ne souhaita pas la voir avant de partir, la céleste vision aurait sans doute ébranlé ses certitudes.
Il quitta donc la maison des Jarjayes en cette chaude fin d’après midi et pris la route d’un pas léger. Il marcherai de nuit la route serait moins pénible ainsi.

Pendant ce temps, à l’étage, on était bien loin des préoccupations mystiques du beau mangeur de pommes…
Oscar n’avait pas eu le temps de s’assoupir. Rosalie, de caresses indécentes en baisers insistants avait eu vite fait de réveiller mille idées lubriques en elle.
Collée contre elle, Rosalie avait collé son sexe humide et affamé contre sa cuisse et se frottait contre elle avec d’amples et lents mouvements de hanches.
Oscar l’encerclait de ses bras et caressait les fesses rondes avec gourmandise. Comme elle aimait les sentir bouger dans ce doux mouvement de va et vient…
L’excitation montait en elle et, n’y tenant plus, elle renversa la jeune femme de l’autre côté du lit défait. Elle la dominait à présent et comptait bien imposer sa loi, on est militaire ou on ne l’est pas !
Elle colla sa cuisse au plus près de la toison dorée et plaqua elle aussi son sexe sur la peau de Rosalie, et colla ses lèvres sur les seins ronds et fermes.
C’était une friandise, un régal, Rosalie était un festin de douceurs, une confiserie délicieuse qu’elle avait envie de croquer, sucer, lécher toute entière. Les hanches ondulaient en rythme, elles gémissaient ensemble sous ce plaisir commun.
Oscar découvrait qu’il était certes bon de recevoir mais qu’en matière de plaisirs il était encore plus délicieux d’en donner, son propre plaisir s’en voyant amplifié.

 

 

 

Secret alcove02

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