Archive d'un article de Keikowolfgirl sur son blog "Le p'tit monde de Kay" disparu retrouvé via la wayback machine
おにいさまへ... (Oniisama e...)
Animation : Tezuka Productions
Nombre d'épisodes : 39
Date de diffusion : 14 juillet 1991 - 31 mai 1992
Nanako, jeune fille timide et naïve, intègre dans le prestigieux lycée pour filles Seiran Gakuen. Mais sa vie tranquille bascule le jour où elle rejoint le Sorority Club, un cercle composé uniquement de filles de bonnes familles, toutes plus élégantes et cultivées les unes que les autres.
Intrigues, cruautés et convoitises hanteront désormais le quotidien de la jeune fille.
A travers une correspondance avec son mystérieux frère, Nanako nous dévoile les tourments d'une jeune adolescente en quête d'identité...
Pour ceux qui s'en rappellent, cet anime a été diffusé à partir d'avril 1993 dans l'émission Club Dorothée.
Malgré son générique aux paroles insipides laissant croire à une énième banale petite histoire de lycéennes, la série est rapidement censurée et interdite d'antenne tant il ne correspondait pas du tout à un public enfantin.
En effet, "Très cher frère" est une oeuvre complexe, dédiée à un public, certes féminin, mais beaucoup plus mature. La quête d'identité sexuelle, l'autodestruction voire même le suicide y sont les thèmes abordés.
Elle est bien loin l'image édulcorée qu'on a tenté de nous montrer avec l'horrible générique français...
Des personnages tourmentés au look androgyne : la marque de fabrique de Riyoko IKEDA
Pourtant, l'histoire commence d'une façon assez banale, à la manière des shojo manga...
L'héroïne, Nanako MISONO, est une jeune fille candide qui entre dans un établissement réputé, le Seiran Gakuen, en compagnie de sa meilleure amie d'enfance, Tomoko ARIKURA.
L'insouciance du début de Nanako et sa rencontre avec chaque grande figure du Seiran Gakuen : Saint-Just sama, Kaoru no Kimi et Miya sama.
Complètement enthousiaste à l'idée d'y faire de nouvelles rencontres et de commencer sa nouvelle vie de lycéenne, elle va découvrir un nouveau monde régi par des règles strictes et se heurter à la jalousie des autres élèves. Ces dernières iront jusqu'à l'acharnement psychologique pour qu'elle quitte de son plein gré le Sorority Club, alors qu'elle a été choisi parmi de nombreuses candidates pour l'intégrer. Ces évènements lui feront perdre sa meilleure amie d'enfance et révèleront des souvenirs douloureux concernant sa propre famille.
C'est ainsi qu'elle confiera ses interrogations et doutes d'adolescente à Takehiko HENMI, qui n'est rien d'autre que son ancien professeur de collège et qu'elle surnomme affectueusement son "très cher frère"...
Concernant l'anime, l'ambiance théâtrale et dramatique est digne d'une tragédie grecque : les moments forts de l'histoire sont représentés par des images figées et crayonnées aux pastels et une dominance d'aplats noirs font découvrir les côtés sombres de certaines personnalité, tout en faisant accroître leur beauté originelle.
D'ailleurs, l'esthétisme tient ici un rôle capital... Les protagonistes, à l'exception peut-être de Nanako et de son amie Tomoko, possèdent tous un charisme et une beauté hors du commun.
Pourtant, derrière ces facettes, se cache souvent une autre face du miroir. Pour exemple : la présidente du Sorority Club, Fukiko ICHINOMIYA (celle que l'on nomme couramment Miya sama) qui, sous sa façade angélique, se révèle être finalement hautaine et froide avec un côté sadique aux limites de la folie.
Quel qu'il soit, chaque personnage possède un lourd secret en eux, révélé petit à petit ou par la force des choses : Nanako se révèle être la fille adoptive d'un grand professeur d'université qui a quitté femme et enfant pour vivre avec sa mère, Mariko est celle d'un écrivain de romans pornographiques débauché ou encore Kaoru qui, sous son apparence forte, cache en fait une terrible maladie qui la condamne à une vie de souffrance, et bien d'autres...
L'héroïne en compagnie de la charmante, mais néanmoins possessive, Mariko SHINOBU.
L'autre point de cet oeuvre est le thème de l'homosexualité... Bien qu'évoluant dans un univers exclusivement féminin, certains protagonistes, de par leur physique androgyne, ont carrément l'attitude et la carrure d'un jeune homme.
Rei ASAKA (renommé Saint-Just sama, selon le révolutionnaire français du même nom) et Kaoru ORIHARA (dont le surnom Kaoru no Kimi vient d'un personnage de "Genji Monogatari") sont les principales intéressées et cet aspect physique de leur personne leur voudront énormément d'admiration de la part de leurs camarades et pas mal de situations ambigües, notamment dans le cas de Saint-Just sama et de Miya sama.
Amour ou haine entre ces deux personnages, qui sont bien plus proches encore qu'elle ne le croient ?
Au final l'anime de "Oniisama e..." est assez fidèle à l'oeuvre originale de Riyoko IKEDA (même si quelques libertés scénaristiques ont été prises, comme notamment sa conclusion qui propose une fin beaucoup plus optimiste) tant d'un point de vue graphique que sur le respect de l'ambiance à la fois étrange et angoissante ainsi que les psychologies très fouillées des différents protagonistes de l'histoire.
Il ne reste plus qu'à patienter jusqu'à la fin du mois de septembre 2009 pour découvrir la traduction française du manga proposée par l'éditeur Asuka. En attendant, l'intégralité de l'anime est disponible en deux coffrets DVD (sous-titrés français et avec les seuls dix épisodes doublés en français d'époque) très soignés chez Kaze.
Ce sera l'occasion de (re)découvrir cette oeuvre injustement censurée qui se démarquait des autres productions et mise de côté par TF1 car elle pouvait, je cite, "pousser les jeunes filles au suicide et à l'homosexualité" ![]()
Terminons cet article avec le magnifique opening original de l'anime (je vous épargne son horrible équivalent français
) signée par Satomi TAKADA avec son envoutant "Kin no Utsuwa, Gin no Utsuwa" ![]()
















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