LES HISTOIRES

 

 

Kamijo est un musicien atypique dans le monde du visual kei actuel et dans le monde de la musique tout court. Comme beaucoup il raconte des histoires dans ses chansons mais de ce côté là il va beaucoup plus loin dans la démarche. Chaque chanson raconte une histoire, mais surtout fait partie elle même d'un cycle de chansons qui racontent ensemble une histoire bien plus longue et importante. Certains artistes font des albums concepts qui racontent une histoire, comme le sublime "L'histoire de Melody Nelson" de Gainsbourg ou "The Wall" de Pink Floyd... Chez Kamijo c'est donc beaucoup plus marqué.

Dans chacun de ses groupes il y a toujours eu une trame narrative plus ou moins importante, l'implication des autres membres dans le concept joue beaucoup. Au sein de LAREINE la trame de l'histoire était très developpée, dans Versailles un peu moins. Dans son solo la trame de l'histoire est essentielle. 

Le problème lorsqu'on est pas japonais et encore moins japanophone est de comprendre toutes ces choses. Certes on trouve des traductions des paroles sur de nombreux sites mais l'artiste est complexe, il ne dévoile pas tout dans ses paroles. Elles sont certes esssentielles mais elles ne sont qu'une partie de l'histoire, il y a pour compléter ça certains Pamhlets dédiés à la narration, en japonais bien sûr, même si l'"Epic Rock Orchestra" de 2017 est en anglais, les indices donnés en interviews et les concerts eux mêmes. En 2016, l'artiste Kaya servait de narrateur lors des concerts. La setlist est importante, l'ordre des chansons peut en changer le sens, une même chanson jouée avant ou après une autre peut prendre un sens très différent dans la narration. C'est donc très compliqué si on est pas japonais et si on assiste pas à tout les concerts ou sans avoir les setlists de tout suivre. Sans compter que qu'il dévoile dans des interviews en japonais...

Il reste néanmoins une trame qu'on peut décrypter avec l'aide des âmes dévouées qui traduisent les choses, le blog de Crystal Scherzo, Louise et son Tumblr kamijoversaillestheories Merithorus Slifer sur Facebook via Kamijo France ou encore Satine dans ses vidéos sous-titrées et je passe les nombreuses personnes qui traduisent sur Nautiljon. Je vais donc tenter de retranscrire tout ça dans les différents chapitres qui jalonnent la carrière de Kamijo et leur différentes histoires... et si au final toutes ces histoires n'en formaient qu'une seule... 

Feu le magazine Vyper nous livrait à l'automne 2015 une interview très intéressante sur cette facette de l'auteur/compositeur/interprète. Enfin des questions sur l'œuvre en elle même, on apprend des choses différentes... Un PDF de cette interview d'Aurélie Amoretti était aussi visualisable avec une belle mise en page illustrée : 

   

 

Chacun des groupes de Kamijo raconte son histoire, pour les découvrir il vous suffira d'ouvrir le bon livre ci-dessous. 

 

 

Au fil de mes recherches et analyses des histoires de Kamijo, j'ai perçu différentes références, symboles et images qui reviennent et qui semblent importantes. 
Le petit monde intérieur de Kamijo semble se nourrir de pleins de choses, d'histoires et de références qu'il accomode et assemble pour fabriquer sa propre histoire.

L'artiste a très souvent cité le manga d'Ikeda dans les interviews, il fait aussi référence à la mangaka sur son site officiel sur la page de son profil, qui comporte un lien vers une page qui date du temps de LAREINE où sont présentées les illustrations faites du groupe et de Kamijo par Ikeda. Vu son âge et vu toute ces références il a lu le manga, il se peut qu'il ai aussi vu l'anime. 

Si on regarde Lillie Charlotte sous un angle ikedien tout prend une dimension différente. A la base ce CD est une vraie référence à Ikeda, de par la reprise de Barawa et de part le nom de Jeremie Florence de Jarjers... mais pas que... Lillie dans son caractère est la jeune fille  gracieuse mais pas d'une beauté fabuleuse, amoureuse transie du clône d'Oscar qu'elle admire et aime en secret... Lillie = Rosalie.
Sachant que dans le manga Rosalie a passé pas mal de temps chez les Jarjayes, qu'elle y est arrivée assez jeune, elle a passé beaucoup de temps à cotoyer Oscar en l'admirant sans espoir...comme Lillie et Jérémie... 
Charlotte = Charlotte de Polignac est la demi-soeur de Rosalie, elle est amoureuse elle aussi d'Oscar et se suicide pour échapper au mariage forcé. Je passe sur la coiffure et l'allure de Charlotte de Polignac à sa mort... qui rappelle l'allure de la Lillie des photos du livre... Si on se réfère encore au manga, Jérémie était amoureux d'une autre personne qui ne l'aimait pas, Oscar et Fersen... on évoque une pneumonie pour la mort de Lillie dans l'album "Fierté no Umi", Oscar était malade des poumons. Dans l'anime André a les yeux verts émeraude, comme Lillie... et l'amour impossible des deux peut aussi évoquer l'amour impossible de La Reine et de Fersen par la même occasion. Beaucoup de moment importants de l'anime sont en bord de mer, comme les images d'Oscar et André réunis et amoureux à la fin de la série en bord de mer... la mer est aussi très présente dans "le Vent Express" et "Fierté No Umi"  c'est là que les amoureux de l'hitoire de LAREINE se retrouvent et se séparent. 

C'est comme si Kamijo avait mixé toutes ces choses pour nourrir ses personnages...

Les roses aussi sont un élément important dans l'univers de l'artiste. En regardant ses nombreux costumes, on peut constater que nombreux sont ceux qui ont un motif de roses dans le tissu, que ce soit imprimé ou dans le tissage du motif jaquard. Que ce soit le manteau bleu de "Fiançailles", le noir de "Lyrical Sympathy", la veste rouge d'"Holly Grail" est imprimée de grandes roses rouges. Plus récement la cape de "Symphony of the Vampire" est imprimée de rouge dans sa doublure. 
Du temps de LAREINE la fleur ornait aussi des pochettes de CD ou de K7. 
Dans ses spectacles comme dans ses vidéos, souvent il y a des roses rouges ( ou parfois bleues du temps de LAREINE ) en fleurs décorant la scène, la batterie et son micro ou en pluies de pétales. Le groupe Versailles tissait son histoire et ses chansons autour de l'histoire des "Descendants de la Rose" et il arborait presque toujours une rose sur son costume. Un univers fait de romantisme et d'histoires d'amour tragiques ou contrariées. L'emblème de Louis dans Versailles et une rose rouge. Du temps de LAREINE Kamijo était une rose bleue.

Lorsqu'il commence son solo, sa première chanson est "Louis ~Enketsu no La Vie en Rose~", dans la vidéo de la chanson on voit Mana, légendaire leader du groupe Malice Mizer pour lequel Kamijo fut roadie dans sa jeunesse avant de fonder un groupe, donc on aperçoit Mana qui serre une rose rouge dans sa main et la rose devient bleue. Comme un symbole de retour aux sources pour l'artiste qui dans son solo retrouve des sons, des univers qui étaient déjà présents du temps de LAREINE.  La rose bleue revient chez Kamijo, imprimée sur le disque du single "mademoiselle", sur le visuel d'annonce du nouvel album "Sang" prévu pour mars 2018... ah mars... le 26 mars à souvent été une date de sortie de single ou d'album du temps de LAREINE, car c'est le jour ou le groupe à pris officiellement su scène son nom definitif... l'homme est attaché aux symboles... comme celui du lys qui revient de temps à autre dans son univers. Très fortement présent du temps de LAREINE, le lys était Mayu au sein du groupe et aussi Lillie au sein de l'histoire... on voit parfois cette fleur apparaitre dans des vidéos, comme dans "Aristrocrat's Symphony" ou l'on peut voir un bouquet de lys blancs dans la chapelle ou Louis donne la mort à Flowery... plus récement dans le clip de "mademoiselle" où un bouquet de lys orne les lieux où se trouvent le vampire... sans oublier la symbolique du lys de France emblème du Roi...

Pour terminer dans les symboles et dans le lys, voici une petite analyse visuelle du logo du solo de Kamijo, l'Emblem Cross. C'est une parfaite synthèse de la royale fleur de lys stylisée et de la chauve souris qui symbolise le vampire. Les pétales sont inversés et en haut ce sont des ailes de vampire et en bas les crocs qui pointent. 
 

 

C'est donc un univers riche de symboles et de références que je vous invite à découvrir avec moi, car je ne cesse de découvrir des choses... c'est un monde passionnant que cet artiste nous livre et que je tente de partager ici du mieux que je peux au vu de la complexité d'accès des documents... mais on peut toujours tout simplement apprécier l'oeuvre sans se préoccuper de l'histoire avec la musique et ce qu'elle dégage, et là nul besoin d'analyses et de traductions car la musique, elle, est universelle ! 

Tout ce qui touche à Kamijo est emprunt d'une symbolique forte, et les costumes de scènes ne font pas exception. Il est intéressant de noter aussi une évolution dans ces costumes. "Louis" est très royal, c'est un habit de Cour. "Grazioso" est très contemporain, un costume noir pailleté, très sobre et de coupe moderne. La narration plante une histoire qui pour l'heure n'a pas dépoque définie, nous sommes entre le passé et le présent. 

  

"Symphony" est hautement symbolique de par son asymétrie, un côté court qui symbolise la vie humaine et mortelle, et un coté long pour souligner l'immortalité du Vampire. La cape et le col sont aussi très connotés "Dracula", on notera de ce côté l'apparition d'une épaulette dorée de style uniforme militaire. Le costume blanc de Symphony évoque lui la pureté de par sa blancheur immaculée, la blancheur est aussi au Japon synonyme de noblesse dans les temps anciens. Son asymétrie renvoie au costume de Louis par l'épaulette de plumes, et le côté drapé / toge lui donne un côté costume de sacre. 

      

Pour "Heart" et "Yamiyo", Kamijo joue la carte de l'uniforme militaire d'apparat pour "Heart" et plus commun pour "Yamiyo". C'est aussi le moment de l'histoire où il monte son armée des ombres

    

"Moulin Rouge" est un costume atypique, dans l'esprit des cabarets de Montmartre, androgyne et festif. On est dans le Paris de Toulouse Lautrec ou l'on s'encanaille au moulin rouge avec les danseuses de cancan...

Pour "Royal Blood" l'uniforme est toujours présent avec des épaulettes démesuréees, et des cordons dorés. C'est un uniforme moins militaire ou protocolaire vu son tissu noir pailletté. 

 

La tenue d'"Aesthéticism" revient au style habit de Cour, seyant, ajusté, et baroque, une touche de rouge plus prononcée aussi. On revient à une ligne narrative plus paisible, moins guerrière.

    

Pour le costume de "Castrato", c'est un sobre et long manteau noir, à la fois contemporain et costume d'époque à la fois moderne et ancien tout en sobriété, sans dorure ni plumage baroque.