Le Takarazuka

 

Le Théâtre du Takarazuka

 



Le Takarazuka --dont la devise est "grâce, beauté et modestie"-- est une véritable institution au Japon.
Elle a été créée en 1914 à Takarazuka, station thermale du Kansai (Ouest du Japon), par Ichizo Kobayashi, fondateur de la compagnie privée de chemin de fer Hankyu et d'une société de production et de distribution de films, Toho.

La compagnie voulut encourager les gens à employer cette nouvelle ligne. C’est ainsi que, pour attirer la clientèle, une compagnie musicale uniquement composée de femmes a été créée. C’était la toute première au Japon, elle comportait 20 membres au début.

Le temps passant, la troupe a été divisés en trois troupes, fleurs, lunes et neige. Après ces modestes débuts, la compagnie prit, au fil des années, de l’ampleur. Tant est si bien qu’elle comporte aujourd’hui quatre cents femmes, organisées en cinq groupes principaux :
-Fleur -Lune -Neige, Etoile (ajoutée en 1933), et Cosmos (créée en 1998), plus un groupe spécial, le Senka ou « cours spécial », composé des vétérans de la troupe.
La société japonaise moderne est changeante, et en 2001, un nouveau groupe à été créé, comme un prolongement des efforts de la compagnie pour se moderniser.

Les stars montantes sont alors transférées hors des groupes principaux pour aller dans le nouveau groupe (connu sous le nom de « Nouveau Senka ») et ainsi peuvent apparaître plus souvent et avec différentes troupes.
Les actrices entrent dans la compagnie par l'intermédiaire de l'école de musique qui lui est attachée. Elles passent deux ans à étudier à l'école, dont la discipline stricte est légendaire. En dépit de ceci il y a concurrence énorme pour entrer dans l'école, seulement 40 nouveaux étudiants sont sélectionnés chaque année. Il est à noter que, de la même façon que les acteurs du théâtre traditionnel Kabuki interprètent les rôles féminins, les actrices de la Takarazuka assument les rôles masculins

Les rares élues qui continuent donc travaillent beaucoup pour devenir les têtes d’affiches et tiennent généralement les premiers rôles vers la trentaine. Généralement elles quittent la compagnie dans les trois ans qui suivent. Les actrices qui laissent Takarazuka continuent souvent aux carrières très réussies dans le spectacle, le cinéma et la télévision. L'interprète originale du personnage d’Oscar de Jarjayes (Yuri Haruna en 1974) apparaît encore régulièrement sur la scène aujourd’hui.

Takarazuka monte huit nouvelles productions chaque année. Chaque production compte entre 60-70 femmes qui apparaissent sur scène, avec des changements fréquents de costumes qui rendent ainsi ces productions très spectaculaires.

La compagnie se produit tout au long de l'année à Takarazuka et à Tokyo, où elle affiche des taux de remplissage de près de 100%. Elle présente les grands succès de Broadway mais également des classiques de la littérature mondiale comme "Autant en emporte le Vent", "Guerre et Paix" ou "Le Rouge et le Noir"...
Cependant, c'est la Reine Marie-Antoinette qui a changé à jamais le destin de la revue.

Créée sur scène en 1974, La Rose de Versailles a été un tournant dans l'histoire de la Takarazuka car la pièce a pour la première fois mis en avant les rôles masculins, selon le critique Atsuro Kawauchi.
"La Takarazuka avait l'habitude de jouer des histoires d'amour classiques qui attiraient à la fois hommes et femmes. Mais les thèmes de ses pièces ont changé depuis +La Rose de Versailles+ qui propose au public non seulement une romance mais aussi de la camaraderie et un certain féminisme", souligne le critique.


Les grandes stars sont les « otoko yaku », celles qui tiennent les rôles masculins et elles ont toutes leurs fan clubs. Chaque troupe compte un duo de stars, composé des actrices qui interprètent les premiers rôles masculins et féminins de cette troupe. Les histoires sont le plus souvent des histoires d'amour romantiques. L'assistance technique du Takarazuka est féminine à 90%.

La Takarazuka Company montre des spectacles tout au long de l’année au Grand Théâtre Takarazuka dans la ville de Takarazuka, ainsi qu’au théâtre Takarazuka de Tokyo, situé à côté de l'hôtel impérial au centre de la capitale.
Les deux théâtres ont été complètement reconstruits ces dernières années. Le nouveau Grand Théâtre Takarazuka s'est ouvert en 1994 et le nouveau Théâtre de Tokyo le 1er janvier 2001. Ils ont également un plus petit théâtre situé à Takarazuka, The Bow Hall.

La compagnie part régulièrement en tournée au Japon. On la retrouve régulièrement durant un mois entier,en août, chez le Hakadaza de Fukuoka à Kyushu. La troupe se produit également à l'étranger, comme récemment à Berlin en juin 2000.
Leurs productions sont montrées à la télévision au Japon et un canal de télévision Takarazuka s’est créé en 2002. La compagnie a aussi commencé à produire des vidéos de leurs spectacles en 1995 et vendent aujourd’hui des livres, vidéos, DVD et les photographies des stars de la troupe. Tous ces produits dérivés sont distribués dans leurs propres magasins l’enseigne «Quatre Rêves».

Takarazuka peut être vu comme un équivalent féminin du Kabuki, le théâtre japonais masculin traditionnel dans lequel des rôles de femmes sont joués par les hommes, et beaucoup de fans de Takarazuka sont également des admirateurs du Kabuki.
Un commentaire célèbre sur l'art de l'onnagata (acteur jouant des rôles féminins) dans le Kabuki est « le dos d'une femme est juste un dos. Mais le dos d’onnagata est le dos d'une femme ». De même, les interprètes de rôles masculins du Takarazuka y jouent des hommes idéalisés dont rêvent les femmes. Le public est fasciné, car les actrices spécialisées dans les rôles masculins offrent une séduction autre que celle des hommes en chair et en os,ce sont des créatures de rêve fabriquées pour la scène.

Une différence entre le Kabuki et le Takarazuka est que les acteurs de Kabuki continuent à jouer lorsqu’ils sont vieux, prenant ainsi le statut « de trésor national vivant». Les actrices de Takarazuka finissent leurs carrières dans leur jeunesse ; la jeunesse et la beauté sont l'essence du Takarazuka.

Chez Takarazuka les premiers rôles masculins sont des caractères forts et volontaires tandis que les premiers rôles féminins sont plutôt douces et jolies. Ceci pose un problème quand ils doivent dépeindre les femmes fortes, tellement souvent ces rôles seront joués par les interprètes de premiers rôles masculins.

Dans Berusaiyu no Bara, le personnage d'Oscar est toujours joué par une interprète de premier rôle masculin. Ceci donne une dimension intéressante à l'ambiguïté de l’histoire.

Pour plus d'information sur Takarazuka, vous pouvez aller sur la page officielle de Takarazuka Revue Company est disponible. Il est à noter que ce site est entièrement en Japonais, mais une page traduite en anglais a récemment ajouté.

Takarazuka Wikipedia

Takarazuka Revue

Site de fan sur la revue Sphère

 

外伝ベルサイユのばら アンドレ編

 

Berusaiyu no Bara chez Takarazuka


Il était évident, dès le début, que Berusaiyu no Bara, l'histoire d'une femme qui est élevée en tant qu'homme et Takarazuka où les femmes jouent les rôles masculins sur la scène, avaient été faits l'un pour l'autre et la première production a été ardemment attendue.
Berusaiyu no Bara a été adapté pour la scène par Shinji Ueda, maintenant directeur de Takarazuka Revue Company.

Il s'est avéré très vite impossible d'incorporer la totalité de l'histoire dans une seule pièce. Shinji Ueda a donc eu l’idée de produire différentes versions de l’histoire, se concentrant sur différents aspects du conte original.

On pourrait les classer comme « versions d'Oscar et d'André » et « versions de Fersen et de Marie Antoinette » en fonction de la mise en avant d’une ou l’autre des deux histoires d’amour principale. La première production en 1974 a naturellement pris Oscar comme caractère central.

Prenons les deux productions de l’année 2001 comme exemples.

Dans la « version d'André et d'Oscar » le premier rôle est celui d’Oscar. L’intrigue tourne autour de l’évolution d’Oscar et de son rejet de la cour et de ses excès qui l’a menée a soutenir la Révolution. Toute l’histoire est aussi jalonnée de l’histoire d’amour entre Oscar et André. Le personnage de Fersen retourne en Suède dès tôt dans l’histoire et ne revient pas. L'exécution de Marie Antoinette n'est pas montrée. Le jeu culmine avec les décès d'André et d’Oscar devant la bastille et se termine par une apothéose dans laquelle André revient dans un carrosse féerique tiré par Pégase pour être uni à Oscar pour toujours.

La « version de Fersen et de Marie-Antoinette » prend l’histoire entre Fersen et Marie-Antoinette comme thème principal. Les premiers rôles sont Fersen et Marie-Antoinette, André et Oscar, dont l’histoire n’est qu’une intrigue secondaire, sont tous deux tués à l'issue du premier acte. Les tentatives désespérées de Fersen pour sauver Marie-Antoinette ponctuent la pièce. Le point culminant étant la mort de la Reine sur l'échafaud et le désespoir de Fersen. Il y a aussi un carrosse féerique dans cette version, mais c’est celui du voyage de Marie-Antoinette lors de sa venue en France, à 14 ans, alors qu’elle croyait être mariée au prince de ses rêves, avant que la désillusion de l’âge adulte s’installe.

Centrée autour de Marie-Antoinette, le scénario de cette version combine réalité et fiction, Axel de Fersen et "Lady Oscar", l'héroïne qui se déguise en homme et son amoureux André Grandier.
"Je voulais montrer de façon spectaculaire cette histoire d'amour entre Marie-Antoinette et Fersen qui finit mal. Ce faste qui a entraîné la chute d'une nation correspondait parfaitement au monde fabuleux de la Takarazuka", selon M. Ueda, scénariste et metteur en scène de la comédie musicale.
Si, à l'instar du script, les décors et les costumes prennent quelque liberté avec l'histoire, ils sont d'une variété et d'un luxe époustouflants, qui donnent à l'ensemble un charme très kitsch.
"On dit que la Takarazuka est l'instrument idéal pour recréer l'univers baroque qui sert d'écrin à +La Rose de Versailles+. Je pense que le baroque et la Takarazuka se marient à la perfection", poursuit M. Ueda.
Il faut dire que Marie-Antoinette est adorée au Japon comme une héroïne positive, une sorte d'incarnation des vertus et des épreuves de la "Femme" nippone, à laquelle s'identifient les fans.
La destinée de la princesse autrichienne frivole, à l'amour impossible (Fersen), affligée d'un mari français bonhomme mais ennuyeux (Louis XVI) et qui meurt sanctifiée sous la guillotine d'un peuple qui n'est pas le sien, a tout pour plaire aux Japonaises.
Au bout des 2 heures et demie, nombre de spectatrices ont l'œil humide.
"J'ai le sentiment que Marie-Antoinette a grandi comme une personne pure et belle. Les gens éprouvent facilement de la sympathie pour elle. Il y a un amour sincère, de l'orgueil et de la beauté tout au long de l'histoire", éclaire Yuri Shirahane, l'actrice en blonde perruque qui joue Marie-Antoinette.
"Elle s'est amourachée de Fersen lorsqu'elle était insatisfaite et solitaire au château de Versailles. En revanche, elle a mûri spirituellement en prison. Je pense que ce contraste plaît aux spectatrices, tout comme le thème universel de la mère et de ses enfants", raconte la jeune star qui a lu des dizaines de livres sur Marie-Antoinette.
Mlle Shiharane se souvient avoir vu La Rose of Versailles par la Takarazuka à la télé quand elle était à l'école primaire. Preuve que La Rose de Versailles a transcendé les époques.
Évidemment, les foules de femmes qui ont lu le manga de Riyoko Ikeda et pleuré au spectacle de la Takarazuka veulent en savoir plus sur la Révolution, l'histoire de France et sa culture.

Dans d'autres versions, l'histoire de Rosalie et du Chevalier Noir, la découverte de la véritable mère de Rosalie ainsi que l'histoire de Jeanne sont décrites.
Quelque soit la version, scène dans laquelle Oscar et l'André se déclarent leur amour restera toujours comme l'un des moments célèbres de l'histoire de Takarazuka.

De toutes productions spectaculaires pour lesquelles le Takarazuka est célèbre, Berusaiyu no Bara est probablement la plus belle. Le défi de reproduire les raffinements et les excès des vêtements de la cour avant la Révolution Française a été relevé avec brio. Les uniformes portés par les premiers rôles masculins étincellent. Quand au prologue, qui présente les caractères principaux parmi une foule de jolies filles et de charmants « garçons » ne pourrait pas n'avoir été mis en scène par aucune autre compagnie.


Les présents articles résultent de la traduction d'un article anglais trouvé ICI complété d'informations proveant d'un article paru dans Le courrier du Vietnam

 

 

Berusaiyu no Bara au 20ème siècle


La première représentation de Berusaiyu no Bara, a eu lieu au Grand Théâtre de Takarazuka le 29 août 1974.

C'était une production de la troupe Lune, avec dans le premier rôle Yuri Haruna pour incarner Oscar. Elle a été suivie des productions de la troupe Fleur en
1975 (Yuri Haruna incarnait André, Juin Anna jouait Oscar), de troupe Neige
dans 1975/76 (Asami Rei jouait André, Natsuko Migiwa incarnait Oscar).

En 1976 la troupe Etoile fut la première à jouer la version de Fersen et de Marie-Antoinette (Berusaiyu no Bara III) avec Ran Otori dans le rôle de Fersen. Yuri Haruna, Juin Anna et Natsuko Migiwa sont toutes apparues dans le rôle d’Oscar dans cette production. Elle a été suivie de la troupe Lune en 1976 avec encore Ran Otori dans le rôle de Fersen et Yuri Haruna dans celui d’Oscar.

Cette première période de 1974 à 1976 fut un énorme succès. Elle est devenue une référence et est reconnue comme « le Berubara boom ». Beaucoup d'actrices de Takarazuka ont été eu l’envie de rejoindre la compagnie en voyant Berubara en ces années de succès.

Le soixante-quinzième anniversaire de la fondation de la compagnie, en 1989, a été commémoré par une nouvelle production de Berusaiyu no Bara par la troupe Neige avec Maki Ichiro pour interpréter Oscar et Keaki Mori pour André (version d'André et d'Oscar).
D’autre interprétations de la pièce suivirent avec la troupe Etoile en 1989/90 (version de Fersen et de Marie Antoinette, Kaoru Hyuga pour Fersen, Eri Marimo pour Marie Antoinette), la troupe de fleur en 1990 (version de Fersen et MA, Mizuki Oura pour Fersen) et la troupe Lune en 1991 (version d'Oscar, Mayo Suzukaze interprétant Oscar). Des vidéos de toutes ces productions ont été faites, mais elles sont aujourd’hui très difficiles à trouver.
Avant que de l'exécution finale du 20ème siècle le 31 juillet 1991 il y ait eu 1.207 exécutions et 2.998.000 personnes l'avaient vu. Le prince de couronne du Japon a assisté à une exécution au théâtre de Tokyo Takarazuka le 6 juillet 1991.

Un double, voir même un triple casting des pièces principales était commun afin de donner à toutes les actrices une chance d'apparaître dans ce qui est considéré comme le plus représentatif de la compagnie de Takarazuka. Les interprétations notables ont été celles de Yuri Haruna, et Mayo Suzukaze dans le personnage d’Oscar, RanOtori comme Fersen, et Saki Asaji dans le rôle d'André.

 

 

Berusaiyu no Bara au 21ème siècle

Le Takarazuka a joué La Rose de Versailles à 1.700 reprises. Plus de 4.000 Japonaises l'ont vue.

Aussi, lorsque, en 2001, pour célébrer le 250e anniversaire de la naissance de Marie-Antoinette, la Takarazuka a repris fin février à Tokyo La Rose de Versailles, pour la première fois en 5 ans, les places se sont envolées en quelques heures.
"Cette pièce continue à avoir du succès. Elle est comme une propriété de la Takurazaka, elle a une place spéciale dans notre répertoire, je ne sais pas pourquoi", avoue Shinji Ueda, 73 ans, directeur légendaire de la revue.

Deux nouveaux spectacles de Berusaiyu no Bara ont été montées. La troupe Cosmos a exécuté la version de Fersen et de Marie Antoinette, au Grand Théâtre de Takarazuka, du 6 avril au 14 mai, ainsi qu’au Théâtre Takarazuka de Tokyo du 5 juillet au 12 août.

La troupe Etoile a exécuté la version d'Oscar et d'André du 30 mars au 6 mai au Théâtre Takarazuka de Tokyo et du 17 août au 1er octobre au Grand Théâtre de Takarazuka.

Malheureusement, les nouvelles productions, affichées comme « Berusaiyu no Bara 2001 », qu’on espérait réécrites pour le 21ème siècle, n'ont pas été reprises et étaient essentiellement inchangées par rapport aux versions précédentes.

Les vidéos des deux spectacles sont aujourd'hui en vente.

 

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Un livret du spectacle de 1976 !

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Quelques vidéos :

 

Le spectacle de 1976

 

 

 

 

la version de 2001

2001, troupe Star

 

 

 

Années non spécifiées

 

 

 

Version de 2006

 

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